On m'a récemment reproché que l'humour de mon Blog était douteux. Premièrement, je ne suis pas certain qu'il puisse totalement être catégorisé comme «blog humoristique». Deuxièmement, je ne m'excuserai pas de déplaire avec de l'humour noir, mais je vais dès maintenant compenser en diversifiant mon approche littéraire.
SIMON LE POUSSIN
Le petit poussin prénommé Simon approchait de la mare pour y boire un coup tandis que Roger le carcajou s'en approchait par derrière. On pourrait croire que les carcajous sont de nature à dévorer les poussins, mais pas aujourd'hui et surtout pas dans cette histoire. Plutôt, il allait lui aussi à la mare pour lui aussi y boire un coup.
Puis, un craquement sous le pied de Roger fit comprendre à Simon qu'il n'était pas seul sur la route. Il se retourna et vit le carcajou. C'était un carcajou qu'il avait vu plusieurs fois ces derniers temps. Habituellement, il avait l'air grognon et passait son temps à ronger des os. Contrairement à l'habitude, ce matin précis, il semblait de bon poil.
- Ton poil reluis la santé, Roger! dit Simon le poussin qui trouva opportun de lui-même commencer la discussion (pour ne pas paraître impoli).
- C'est ta maman qui me l'a bien lissé ce matin, répondit le carcajou.
Tous deux arrivèrent à la mare dès que Roger eut finit cette phrase et s'y penchèrent prestement. L'un et l'autre ne pouvait plus voir l'expression du visage de l'autre, ce qui était tant mieux, car ils fluctuaient étrangement. Après quelque secondes et dès que chacun eut choisit le visage approprié à la situation, ils se regardèrent en face.
- Tu sais, je suis content que vous soyez si près l'un de l'autre et l'un pour l'autre! dégaina Simon.
- Moi aussi! sourit très grand Roger.
Ils continuèrent à boire. Puis, ils se jetèrent un coup d'oeil rapide, la langue encore dans l'eau.
- Tu sais, je pourrais presque être ton père! remarqua à haute voix Roger
- C'est bien vrai! dit Simon
Tout poussin en pleine croissance qu'il était, Simon trempa encore son bec à l'eau (car les poussins ont beaucoup besoin d'eau), obligeant le carcajou à le regarder ou à boire encore. Toutefois, Roger n'avait plus soif...
- Mais... dis moi, où veux-tu en venir? questionna Simon.
- Eh bien... hésita Roger.
- Tu fais l'amour à ma maman? interrogea le poussin.
- Euh... Oui! mon petit! Et il faut le dire, c'est du plus pur amour que nous créeront ton petit frère ou ta petite soeur! renchérit Roger.
Simon prit un grand respire qui, s'il avait été une grande bête, aurait été impressionnant.
- Ne cherche pas à adoucir la chose. Je sais bien que vous faites du sexe comme les cochons: seulement pour le plaisir. Franchement, je m'en fout! affirma le petit poussin.
Hhhhh..., expira perplexement Roger.
- Et puis d'ailleurs comment pourriez-vous me faire un frère ou une soeur alors que vous n'êtes pas de la même race et qu'au mieux, le fruit des entrailles de ma mère sera inévitablement aussi pourri qu'un carcapoussin dégeulasse qui mourra à la naissance en se rendant compte qu'il a un corps à faire vomir tout le monde? tonna Simon le petit poussin.
- Je suis content que tu vois la vie si légèrement, mon petit poussin d'amour!
Roger but encore rapidement quelque autres gorgées pour alléger le moment et s'élança dans la forêt en faisant semblant d'avoir vu un ver de terre à chasser.
-Un ver de terre!